La grippe porcine en questions En même temps que le nombre de personnes atteintes de la grippe porcine se développe dans le monde, les interrogations se bousculent parmi les clients des officines. « Le Quotidien » recense les principales questions auxquelles vous pouvez être amenés à répondre au comptoir. • Qu’est-ce que la grippe porcine ? Il s’agit d’une maladie des voies respiratoires due à un virus grippal de type A, touchant habituellement les élevages de porc. • La grippe porcine peut-elle se transmettre à l’homme ? Apparemment oui. Le virus A/H1N1 identifié chez les malades au Mexique est d’origine animale. Et tous les cas observés dans ce pays sont le résultat d’une transmission d’homme à homme. C’est ce qui explique le risque de pandémie redouté par les autorités sanitaires internationales. • Un virus animal peut-il être dangereux pour les humains ? Les porcs présentent la particularité de posséder dans leurs voies respiratoires des récepteurs sensibles aux virus influenzae porcins, aviaires et humains. Résultats, ces animaux ont la faculté de favoriser l’apparition de nouveaux virus grippaux, fruits de recombinaisons génétiques. • Comment se manifeste la maladie ? Les symptômes ressemblent à ceux de la grippe saisonnière classique : fièvre, courbatures, maux de tête… Selon les cas rencontrés au Mexique et aux États-Unis, le virus présenterait la particularité de s’attaquer essentiellement aux « adultes jeunes et en bonne santé ». • Je suis inquiète, je dois partir au Mexique… Les autorités sanitaires ont mis en place un certain nombre de plateformes téléphoniques de renseignements. Les personnes en partance pour cette destination peuvent ainsi appeler le ministère des Affaires étrangères (01 45 50 34 60) ou la plateforme initialement mise en place pour la grippe aviaire au 0825.302.302. • Peut-on l’attraper en mangeant de la viande de porc infecté ? Non. Le virus de la grippe mexicaine se propage par voie aérienne. En outre, il ne résiste pas à la cuisson. • Les antiviraux vendus en pharmacie sont-ils efficaces ? L’oseltamivir (Tamiflu, Roche) et le zanamivir (Relenza, GSK) sont efficaces contre le mutant viral à l’origine des cas humains. • Je suis vacciné contre la grippe saisonnière, suis-je protégé ? Le vaccin contre la grippe saisonnière ne semble pas protéger contre la grippe porcine. Toutefois, le virus responsable de la maladie chez l’homme étant identifié, la fabrication d’un vaccin spécifique est possible, mais demandera un peu de temps (environ quatre mois).
jeudi 30 avril 2009
La grippe porcine en questions
Extension des cas d’infection virale d’origine porcine
Extension des cas d’infection virale d’origine porcine
La France se prépare à la nouvelle grippe
Tandis que la menace d’une pandémie grippale d’origine porcine grandit, les autorités sanitaires sont sur le qui-vive. En France, pays bien préparé à la gestion du risque épidémique, les professionnels de santé sont prêts à se mobiliser. Parmi eux, les pharmaciens peuvent pleinement jouer leur rôle d’information et de prévention auprès du public.
LE NOUVEAU virus grippal qui sévit actuellement au Mexique et aux États-Unis inquiète les populations. Nous n’en sommes toutefois pas encore à l’état de psychose qu’avait suscité l’épisode de la grippe aviaire. Mais, déjà, certains de nos concitoyens poussent la porte des pharmacies pour y demander des masques et des antiviraux.
De leur côté, les autorités sanitaires françaises prennent la menace très au sérieux. Depuis dimanche, une conférence de presse se tient tous les jours au ministère de la Santé pour faire le point sur les cas d’infections respiratoires survenus sur le continent américain. Dès la fin de la semaine dernière, la Direction générale de la santé (DGS) indiquait que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait confirmé la survenue de plusieurs cas humains de grippe d’origine porcine avec transmission interhumaine au Mexique et aux États-Unis (Texas, Californie). « Le virus isolé est un virus émergent susceptible d’être à l’origine d’une pandémie du fait de l’existence d’une transmission interhumaine identifiée avec ce virus porcin », indiquait alors la DGS.
Une urgence.
Depuis, l’OMS estime que ce nouveau virus pourrait encore évoluer et devenir « beaucoup plus dangereux ». Et l’organisation de tirer le signal d’alarme auprès des professionnels de santé : « Dans ce contexte, le risque de pandémie grippale doit être pris en compte et vous voudrez bien signaler au SAMU-Centre 15 tout patient présentant des signes évocateurs de grippe dans les sept jours suivant le retour d’un voyage notamment au Mexique et aux États-Unis d’Amérique. » Un appel à la vigilance que les pharmaciens se devront de relayer.
La situation actuelle représente « une urgence en terme de santé publique et une préoccupation internationale », affirme l’OMS. Mardi, l’organisation a même relevé son niveau d’alerte face à la progression du virus. Selon les experts consultés par l’organisation internationale, le virus identifié comme responsable de l’épidémie mexicaine, la souche A/H1N1, présente des particularités liées à une mutation de gènes totalement inédite. Il serait le fruit d’une recombinaison entre des souches aviaire, porcine et humaine. Une première, selon les spécialistes.
La France bien préparée.
Le bilan des malades et des décès liés à ce virus variant hybride évolue sans cesse. Au Mexique, foyer de l’épidémie, sur les 150 décès environ imputés à ce nouveau virus, 20 le sont de façon certaine pour le moment. Au-delà des frontières mexicaines, 6 cas ont été décelés au Canada et plus de 40 aux États-Unis où l’état d’urgence sanitaire a été décrété. L’Europe n’est pas épargnée. Un cas a en effet été confirmé en Espagne et deux en Grande-Bretagne chez des voyageurs revenant du Mexique. En France, les tests réalisés sur les premières personnes suspectées d’avoir contracté la maladie se sont révélés négatifs. D’autres cas sont toutefois actuellement à l’étude.
Les autorités sanitaires françaises se veulent rassurantes. Notre pays « est l’un des mieux préparés face à une épidémie », affirme le directeur général de la santé, Didier Houssin. Nous disposons, selon lui, de 33 millions de traitements antiviraux en stock, essentiellement de l’oseltamivir (Tamiflu) auquel le virus semble sensible.
› CHRISTOPHE MICAS
Le contact physique,
Un anti-douleur efficace
Ce qui peut sembler un réflexe naturel se révèle être un médicament redoutablement efficace. Les chercheurs ont utilisé la technique de microneurographie pour étudier les signaux envoyés au cerveau lors d'une caresse. Les réactions des participants à l'étude ont été testées sur différentes zones de la peau. Chaque participant devait décrire la sensation ressentie à la caresse continue générée par un robot. Les chercheurs ont ainsi pu "écouter" les nerfs et capter les signaux. Les nerfs CT, fibres nerveuses de l'épiderme, arrivent directement aux régions cérébrales des sensations et sentiments. Cette étude est la première à montrer le lien entre sensations positives agréables et codage d'autres sensations nerveuses négatives.
lundi 27 avril 2009
Du pilulier à la téléassistance
Aides techniques à l’observance
Du pilulier à la téléassistance
Une étude française menée en 1996 par des médecins généralistes estimait à 85 % la proportion des patients qui ne suivent pas strictement les consignes de prise de leurs médicaments. Pour les aider, divers outils, du plus simple au plus sophistiqué, peuvent aujourd’hui être proposés.
L’EFFICACITÉ du pilulier pour améliorer l’observance est démontrée depuis 2006 par l’étude américaine FAME, qui montre que les personnes dotées d’un pilulier présentent une observance de 95,5 %, tandis que les personnes sans pilulier sont observants à seulement 69,1 %. Pour répondre à ce besoin ainsi justifié, l’offre en ce domaine est assez vaste. La société Marque Verte, par exemple, propose un pilulier semainier baptisé Doseo. Il suffit chaque matin ou chaque soir de préparer la ou les prises journalières, dans les modules journaliers et dans les cases matin, midi, soir, nuit correspondantes. Dans la gamme Pilbox, l’un des spécialistes de ce type d’accessoires, le Pilbox Unit, à quatre compartiments, permet de satisfaire un besoin de médication à la journée. Le Pilbox Classic, compact et semainier, est particulièrement adapté aux malvoyants (pictogrammes, repères sensoriels, dissymétrie indiquant le sens du pilulier…). Une simple pression suffit à délivrer les médicaments souhaités. Quant au Pilbox Maxi, semainier et modulaire, il est destiné aux grands polymédiqués.
L’électronique au service de l’observance.
Simple d’emploi, le pilulier classique ne garantit pas pour autant la prise des médicaments par le patient, et les difficultés à manipuler les conditionnements sont souvent évoquées par les utilisateurs. D’où l’intérêt des piluliers électroniques, comme le Pilbox Electro, équipé d’une alarme programmable. Jusqu’à quatre alarmes sont programmables et mémorisables par jour. Un appareil particulièrement indiqué pour les patients ayant des médicaments à prendre à heure fixe, ou à ceux oubliant régulièrement de prendre leur traitement.
Le MédiVib permet aux personnes devant suivre un traitement de poursuivre une activité normale en emportant avec elles leurs médicaments en toute mobilité et discrétion. On peut programmer jusqu’à cinq prises quotidiennes et choisir une alarme par sonnerie, ou, plus discrète, par vibreur.
L’Hebdomedic S, pilulier hebdomadaire sécurisé, permet, lui, par un système vocal, la délivrance automatique à l’heure prévue de la dose prévue et selon une base hebdomadaire. Après chargement, il est complètement verrouillé. L’appareil se charge une seule fois par semaine et l'enregistrement de messages personnalisés assure un rappel des prises : un flash lumineux ainsi qu'un message vocal standard avertissent la personne de l'heure de la prise du médicament. L'Hebdomedic LT bénéficie des mêmes fonctions, avec en plus une connexion téléphonique (appel automatique vers un numéro choisi) en cas de non prise des médicaments.
Une administration sécurisée.
Doté de vingt-huit cases programmables, le Carrousel peut lui aussi être relié à une ligne téléphonique fixe ou mobile. A des intervalles de temps programmables, l’appareil effectue une rotation de son panier interne et présente la dose préparée à l’avance par un orifice unique. Une alarme retentit alors : elle ne s’arrête que lorsqu’on verse les médicaments dans la main.
Le système medipac associe pour sa part la sécurité d’un pilulier recyclable (medipac) à l’efficacité d’un logiciel de traçabilité totale des médicaments et des consommations (logiciel medipac). Il se présente comme un livre comportant quatre cellules sécurisées pour une journée et pendantsept jours. Le pharmacien peut sécuriser la prise des médicaments par une préparation individualisée. Et la motivation du patient est soutenue par la mise en place d’appels automatiques personnalisables. Sur la base dess éditions informatiques d’observance, le pharmacien peut qualifier le dialogue avec le patient lors des renouvellements et informer le médecin traitant du suivi de son observance et de ses consommations.
Le patient suivi à la trace.
Le distributeur Distrimetric de Senioralerte permet lui aussi de stocker les médicaments pour toute la semaine. Une plage horaire pour chaque prise journalière de médicaments est entrée en mémoire. Lorsque le bénéficiaire ouvre le distributeur de médicaments, la case dans laquelle il doit prélever le ou les médicaments lui est indiquée par un jeu de lumière. S’il oublie sa prise de médicament, un signal sonore se déclenche. Et si le rappel reste sans effet, l’information sera transmise à l’abonné dans le rapport suivant. L’abonné peut aussi recevoir à chaque incident éventuel une alerte de la manière qu’il souhaite : message sur téléphone portable, SMS, et courriel…
Autre outil intéressant, MEM-X est un aide-mémoire vocal. Il alerte aux dates et heures programmées, et rappelle par une voix familière préenregistrée, le calendrier des événements, et notamment la prise de médicaments. Il permet d'enregistrer jusqu'à cent messages simultanés fixes, réguliers, ou ponctuels.
Via sa plateforme modulable Sarabanda, e-medicis propose enfin un outil automatique de suivi des patients à domicile. Pour suivre correctement son traitement. e-rappel rappelle le traitement, les conseils, ou les rendez-vous médicaux. e-medicis propose également e-blister, un outil mesurant de manière concrète la date et heure de chaque prise.
CHARLES DUCROUX
Le Quotidien du Pharmacien du : 27/04/2009
Mince, je ne suis pas si grosse !
Une étude de l’INED
Mince, je ne suis pas si grosse !
ALORS que la saison des régimes amaigrissants bat son plein, les résultats de la dernière enquête de l’INED* pourraient bien renvoyer quelques milliers de pèse-personnes au rebut. Cette étude, portant sur 16 300 citoyens européens, montre en effet que les Françaises se voient plus grosses qu’elles ne le sont en réalité. Plus précisément, soulignent les auteurs,« les femmes françaises jugeant leur poids trop faible sont deux fois moins nombreuses que celles effectivement en sous-poids ». Grossière erreur d’appréciation !Mais il y a pire, non seulement nos compagnes surestiment leur poids réel, mais elles sont aussi en moyenne plus minces que toutes les autres citoyennes européennes. La preuve, c’est la formule bien connue de l’IMC qui l’apporte. Divisez le poids par le carré de la taille en mètre et vous découvrirez que le pudding anglais ou la paella espagnole font plus de gras que la bonne vieille cuisine française. Quant à la notion d’« idéal de poids », on observe là encore des différences significatives entre les populations. En France, hommes comme femmes déclarent des IMC idéaux (22 et 19,5) inférieurs à ceux espérés par les Britanniques (22,5 et 20,7). Au total, les Français ont donc un idéal de corpulence plus faible que leurs voisins européens. Et la différence n’est pas mince. « Cela pourrait être le signe d’une pression plus forte exercée sur le corps dans leur pays », interprètent les auteurs de l’enquête. Voilà qui pourrait redonner du grain à moudre à un certain groupe de travail créé en 2008 et présidé par le Pr Marcel Ruffo. Sa mission : réfléchir à l’image du corps dans la société française. L’Europe des kilos ne se fera pas en un jour.
›DIDIER DOUKHAN
* Institut national d’études démographiques
jeudi 23 avril 2009
CAS de Syndrome de DRESS à la Salazopyrine
CAS de Syndrome de DRESS à la Salazopyrine:
Hôpital Militaire principal d' instruction de Tunis: service d'hepato-gastro-entérologie:
AUTEUR: Ourir Med Bassem (interne 5eme année Pharmacie)
Le DRESS syndrome (drug rash with eosinophilia and systemic symptoms) est une toxidermie sévère associant une éruption cutanée maculopapuleuse fébrile, une ou plusieurs atteintes viscérales et des anomalies hématologiques [1, 2].
Cette réaction survient après une exposition médicamenteuse, le plus souvent avec les anticonvulsivants aromatiques tels la phénytoïne, la carbamazépine ou le phénobarbital, mais a également été décrite avec d’autres substances. Nous rapportons ici le cas d’un DRESS syndrome à la sulfasalazine.
OBSERVATIONS:
Un homme de 37 ans est pris en charge depuis 1991 pour une maladie de Crohn laquelle est contrôlée par le 5-ASA utilisé par voie orale ou en lavement. En mai 2008, du fait des douleurs inflammatoires articulaires le 5-ASA est remplacé par la sulfasalazine (3 g/j).Trois semaines plus tard le patient est hospitalisé dans le service de dermatologie pour une éruption fébrile. L’état général est altéré. L’examen clinique montre une éruption généralisée maculo-papuleuse. La biologie retrouve une hyperéosinophilie à 2300/ml (N <500).>
DISCUSSION:
Le DRESS syndrome est un syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse qui associe de manière diverse une éruption cutanée sévère, de la fièvre, des adénopathies et l’atteinte d’un ou plusieurs organes. Il survient habituellement dans les huit semaines après l’introduction du médicament. L’éruption cutanée est caractérisée par son étendue, son infiltration et une atteinte fréquente du visage, œdémateuse, prêtant parfois à confusion avec un angio-œdème. Cette éruption s’accompagne très fréquemment d’une polyadénopathie et, avec une fréquence variable, de diverses manifestations viscérales : hépatite surtout, mais aussi pneumopathie d’hypersensibilité, néphropathie interstitielle, myocardite, thyroïdite, atteinte neurologique périphérique [3]. L’éruption est durable, pouvant persister parfois plusieurs semaines. Elle laisse volontiers place à une desquamation.
Biologiquement des anomalies hématologiques sont fréquentes à type d’hyperéosinophilie dans 90 % des cas et d’un syndrome mononucléosidique (40 %) [2]. L’évolution est habituellement favorable après l’arrêt du traitement mais la mortalité avoisine toutefois les 10 % [4].
L’épidémiologie varie selon les substances incriminées. Ainsi les anticonvulsivants aromatiques (phénytoïne, carbamazépine ou phénobarbital) et les sulfamides antibactériens sont les plus impliqués, avec une incidence variant de 1 pour 1 000 à 1 pour 10 000 expositions. Néanmoins d’autres médicaments sont concernés tels que la lamotrigine, l’allopurinol, les AINS, le captopril, les inhibiteurs calciques, la méxilétine, la fluoxétine, la dapsone, la terbinafine, le métronidazole, la minocycline et les antirétroviraux [2, 3, 5]. L’implication de la sulfasalazine est moins décrite dans la littérature [6, 7].
Le diagnostic différentiel doit être fait avec d’autres pathologies telles que le syndrome de Stevens-Jonhson, le syndrome de Lyell, le syndrome hyperéosinophilique ainsi que la maladie de Kawasaki et la maladie de Still [8]. Il s’appuie sur la nature des atteintes cutanées, les anomalies hématologiques rencontrées et les diverses atteintes organiques (adénopathies, lésions hépatiques, rénales) [2]. Parfois le DRESS syndrome peut évoquer une hémopathie maligne comme un lymphome. Toutefois dans ce dernier cas l’apparition des symptômes est moins aiguë.
La physiopathologie du DRESS syndrome n’est pas clairement établie. Elle est probablement multifactorielle impliquant des mécanismes immunologiques et la détoxification des médicaments. Un antécédent personnel ou familial serait un facteur de risque d’hypersensibilité à une molécule [9]. Certains patients dits « acétyleurs lents » pour la métabolisation des médicaments présentent un risque augmenté d’apparition d’un DRESS [2]. Le rôle de cofacteurs tels que le virus de l’herpès HHV6 a également été évoqué [10, 11].
Le traitement repose sur la précocité du diagnostic et l’arrêt immédiat et définitif de la molécule incriminée. L’administration de corticoïdes par voie générale diminue la réaction d’hypersensibilité et différents auteurs suggèrent leur utilisation lorsqu’une atteinte viscérale sévère est présente [12, 13]. Son emploi reste cependant controversé car il persiste des doutes sur le fait qu’une telle corticothérapie puisse pérenniser la maladie, la rendant corticodépendante, avec ultérieurement les plus grandes difficultés à sevrer le patient en corticoïdes. Il semble donc préférable d’éviter la corticothérapie générale s’il n’y a pas de manifestation viscérale menaçante. Une corticothérapie locale est habituellement suffisante pour améliorer les signes cutanés [14].
D’autres auteurs ont proposé l’emploi de la N-acétylcystéine. Son rôle de précurseur du gluthation dans les réactions de détoxification médicamenteuse de plusieurs molécules explique cette suggestion. À ce jour, cette utilisation n’est pas retenue faute d’études cliniques, d’autant que des cas d’angio-œdèmes de la face ont été rapportés comme effet secondaire inattendu de ce traitement [2, 15, 16].
CONCLUSION:
De par sa gravité potentielle et une mortalité non négligeable, il est important d’évoquer le diagnostic de DRESS syndrome devant une fièvre associée à une éruption cutanée associant des signes systémiques consécutifs à une prise médicamenteuse.
L’arrêt du médicament en cause doit être immédiat et définitif. Il ne faut pas négliger les risques de réactivité croisée (notamment entre les anticonvulsivants). L’utilisation de la corticothérapie systémique, même si elle est controversée, reste classique dans les cas sévères. L’évolution est favorable dans 90 % des cas dans un délai de plusieurs semaines à quelques mois
Références
1. Bocquet H, Bagot M, Roujeau JC. Drug-induced pseudolymphoma and drug hypersensitivity syndrome (Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symtoms : DRESS). Semin Cutan Med Surg 1996 ; 15 : 250-7.
2. Tas S, Simonart T. Management of Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symptoms (DRESS Syndrome). An Update. Dermatology 2003 ; 206 : 353-6.
3. Sullivan JR, Shear NH. The drug hypersensivity syndrome. What is the pathogenesis ? Arch Dermatol 2001 ; 137 : 357-64.
4. Roujeau JC, Stern RS. Severe adverse reactions to drug. N Engl J Med 1994 ; 331 : 1272-85.
5. Bourezane Y, Salard D, Hoen B, Vandel S, Drobacheff C, Laurent R. DRESS syndrome associated with nevirapine therapy. Clin Infect Dis1998 ; 25 : 1321-2.
6. Queyrel V, Catteau B, Michon-Pasturel U, et al. DRESS syndrome à la sulfasalazine et à la carbamazépine : à propos de deux cas. Rev Med Interne 2001 ; 22 : 582-6.
7. Gallais V, Grange F, De Bandt M, Crickx B, Belaïch S. Toxidermie à la salazosulfapyridine. Ann Dermatol Venereol 1994 ; 121 : 11-4.
8. Bachot N, Roujeau JC. Differential diagnosis of severe cutaneous drug eruptions. Am J Clin Dermatol 2003 ; 4 : 561-72.
9. Rieder M, Krause R, Bird I, Dekaban G. Toxicity of sulphonamide reactive metabolites in HIV-infected and non-infected cells. J Acquir Immun Defic Syndr Hum Retrovirol 1995 ; 8 : 134-40.
10. Toyama M, Yahata Y, Yasukawa M, et al. Severe hypersensitivity syndrome due to sulfasalazine associated with reactivation of human Herpesvirus 6. Arch Dermatol 1998 ; 134 : 1113-7.
11. Descamps V, Valance A, Edlinger C, et al. Association of human herpesvirus 6 infection with drug reaction with eosinophilia and systemic symptoms. Arch Dermatol 2001 ; 137 : 301-4.
12. Roujeau JC. Treatment of severe drug eruptions. J Dermatol 1999 ; 26 : 718-22.
13. Callot V, Roujeau JC, Bagot M, et al. Drug induced pseudolymphoma and hypersensivity syndrome, two differents clinicals entities. Arch Dermatol 1996 ; 132 : 1315-21.
14. Roujeau JC. Quand la peau suscite l’urgence. Rev Fr Allergol Immuno Clin 2001 ; 41 : 331-5.
15. Redondo P, de Felipe I, de la Pena A, Aramendia JM, Vanaclocha V. Drug induced hypersensivity syndrome and toxic epidermal necrosis. Treatment with N-acetylcysteine. Br J Dermatol 1997 ; 136 : 645-6.
16. Tas S, Simonart T, Heenen M. Angio-œdema caused by high doses of N-acetylcysteine in patients with anticonvulsivant hypersensivity syndrome. Br J Dermatol 2001 ; 145 : 856-7.
aspartame
L’EFSA reconfirme l’innocuité de l’aspartame
Deux avis publiés lundi 20 avril par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), confirment l’innocuité de l’aspartame, édulcorant non calorique, et rejettent les affirmations de l’institut Ramazzini (Italie) selon lesquelles l’aspartame serait dangereux pour la santé.
Ces avis concluent « sur la base de l'ensemble des éléments actuellement disponibles, y compris la dernière étude publiée sur le sujet qu'il n'existe pas d'indice d'un potentiel génotoxique ou cancérigène de l'aspartame et qu'il n'y a pas de raison de réviser la DJA (Dose journalière autorisée) précédemment établie pour l'aspartame de 40 mg/kg de poids corporel/jour ».
pharmacien mis en examen
Mort du petit Yliès : le pharmacien mis en examen
Le pharmacien de l'hôpital Cochin a été mis en examen par la juge Marie-Odile Bertella-Geoffroy et laissé libre sans contrôle judiciaire pour « homicide involontaire » dans l'enquête sur la mort d'Yliès, 3 ans, le 24 décembre dernier. Le décès du petit garçon, admis au service pédiatrique de Saint-Vincent-de-Paul pour une suspicion d’angine, avait été consécutif à une surdose de chlorure de magnésium administré par une infirmière, en lieu et place d'un sérum glucosé, le B46.
La justice soupçonne le professionnel d'avoir commis des « fautes caractérisées dans le contrôle et l'acheminement de médicaments ». Le service du pharmacien de Cochin est en effet soupçonné d'être à l'origine de l'erreur de livraison à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul du colis de médicaments qui aurait été à l'origine des faits. L'infirmière avait elle aussi été mise en examen pour « homicide involontaire » le 26 décembre.
Une utilisation inattendue du sildénafil
Du Viagra au secours du ballon rond
DU VIAGRA pour tirer droit au but. Pas du tout grivoise, l’idée a germé dans la tête d’un préparateur physique bolivien confronté au mal d’altitude dont se plaignaient ses footballeurs. Rodrigo Figueroa a ainsi reconnu avoir administré, à leur insu, du Viagra (Segurex en Bolivie) à au moins 8 joueurs de l’équipe de Blooming Santa Cruz (1re division bolivienne) lors de matchs disputés à La Paz, la capitale bolivienne perchée à 3 750 m d’altitude. Au-delà de son indication première, le sildénafil est en effet connu pour améliorer les capacités d’oxygénation du sang. Pour cette même propriété, il a aussi été utilisé par des coureurs cyclistes en quête de performance. Problème, cette triche avérée n’est pas encore réprimée par les instances mondiales antidopage. En l’occurrence, c’est pour remplacer le maté de coca, traditionnellement utilisé pour lutter contre la puna (céphalées violentes liées au séjour sur l’altiplano andin), que le médicament a été administré. L’histoire ne dit pas si le traitement a été efficace… sur les maux de tête.
Calendrier vaccinal 2009
Calendrier vaccinal 2009
Moins d’injections, plus de prévention
Le calendrier vaccinal 2009 vient d’être rendu public. Il reflète la volonté du comité technique des vaccinations de simplifier cet acte de prévention en réduisant notamment le nombre d’injections. Avec, à la clé, une meilleure acceptabilité du recours aux vaccins.
LE CALENDRIER vaccinal nouveau est arrivé, en même temps que débutait la Semaine européenne de la vaccination.
L’une des particularités du cru 2009 est l’extension de la vaccination contre l’hépatite A aux enfants, à partir de 1 an, nés de famille dont l’un des membres au moins est originaire d’un pays de haute endémicité et qui sont susceptibles d’y séjourner. « Les recommandations visent à limiter l’importation de virus en provenance des pays de haute incidence en vaccinant les enfants originaires des pays de haute endémicité et susceptibles d’y retourner », explique le ministère de la Santé. Afin de limiter la propagation du virus de l’hépatite A, le nouveau calendrier préconise également de vacciner autour d’un cas en milieu familial et dans les communautés vivant dans des conditions d’hygiène précaires.
En ce qui concerne l’hépatite B, la période de rattrapage de la vaccination est prolongée jusqu’à 15 ans révolus, avec possibilité d’utiliser entre 11 et 15 ans un schéma vaccinal simplifié à deux doses espacées de six mois. L’objectif : améliorer une couverture vaccinale préoccupante, explique le Pr Daniel Floret, président du comité technique des vaccinations (CTV).
Autre nouveauté pour 2009, la simplification du schéma de vaccination contre le pneumocoque. Une dose a en effet été supprimée en primovaccination chez les nourrissons. Pour le vaccin conjugué heptavalent, le schéma classique à trois doses est ainsi remplacé par un schéma comportant deux injections réalisées aux âges de 2 et 4 mois, suivi d’un rappel à l’âge de 12 mois.
Enfin, les jeunes filles devant bénéficier d’une greffe pourront se voir proposer un vaccin contre les infections à papillomavirus humains (HPV) avant l’âge normalement requis de 14 ans.
Éradiquer la rougeole.
Au-delà de ces nouvelles recommandations, les autorités sanitaires ont choisi cette année de mettre l’accent sur la vaccination contre la rougeole. « L’actualité récente a rappelé que cette maladie infectieuse peut être mortelle et qu’elle n’appartient pas au passé, contrairement aux idées reçues », explique le ministère de la Santé. L’année 2008 a en effet été marquée par une très forte résurgence de cette maladie. « Alors qu’elle semblait avoir disparu (une quarantaine de cas déclarés en 2006 et 2007), près de 600 cas ont été notifiés en 2008 ce qui, compte tenu du non-respect de l’obligation à déclarer, laisse à penser que plusieurs milliers de cas sont survenus », s’inquiète le Pr Floret dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire ». Et pour le président du Comité technique des vaccinations, la poussée épidémique qui s’est accélérée à la fin de l’an dernier se poursuit actuellement. Aujourd’hui, aucune région n’est épargnée. « La rougeole n’est plus une maladie du jeune enfant », poursuit Daniel Floret. Un tiers des cas déclarés concerne des plus de 15 ans. D’autres cas ont également été observés chez des nourrissons de 3 à 9 mois. Quasiment à chaque fois, les malades n’étaient pas vaccinés ou n’avaient reçu qu’une dose. « En dépit de la gratuité de la vaccination et des nombreuses campagnes d’incitation, la couverture vaccinale permettant l’élimination de la maladie (95 % pour les deux doses) est loin d’être obtenue », souligne le Pr Floret. Il ajoute : « Nous avons accumulé durant ces 25 années un réservoir de plusieurs centaines de milliers (voire davantage) de sujets qui ont échappé à la fois à la vaccination et à la maladie. Ces personnes risquent maintenant de présenter la rougeole à un âge où le risque de complications est élevé ».
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu consiste donc à arrêter la propagation du virus en augmentant le taux de couverture vaccinale, notamment celui des nourrissons à l’âge de deux ans qui plafonne aujourd’hui à environ 87 %. Pour Daniel Floret, l’urgence est également de réduire le réservoir des réceptifs par le rattrapage des sujets non vaccinés. Les officinaux ont manifestement un rôle à jouer dans le relais de cette information.
CHRISTOPHE MICAS
jeudi 16 avril 2009
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| | } 14 Rue Hasseinne Hosni Abdel Waheb, Megrine 2033 Téléphone : 98531458 Adresse de messagerie : ourir.medbassem@gmail.com Site Web : http ://medbassemourir.blogspot.com/ |
| | Cursus Diplôme national en pharmacie (Faculté de pharrmacie de Monastir) Expérience - Stage en tant que pharmacien à la pharmacie Hakmouni à Megrine (05/07/2008 – 05/09/2008). - Stage au sein du service de gastro-entérologie à l’hôpital principal d’instruction de Tunis (01/03/2008 – 01/07/2008). - Stage au sein du service de pharmacie interne à l’hôpital principal d’instruction de Tunis (18/01/2008 – 01/03/2008). - Stage au sein du service de Microbiologie à l’hôpital principal d’instruction de Tunis (22/06/2007 – 22/08/2007). - Stage d’initiation à la pharmacie Hakmouni à Megrine (21/06/2004 – 21/08/2004). Connaissances informatiques - Maitrise du Word, Excel et Powerpoint Langues - L’Arabe lu et parlé - Le Français lu et parlé - L’anglais lu et parlé (Level 9 at AMIDEAST) Centres d'intérêts } Sport, élevage d’oiseaux, |
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Vidal News N°324
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