lundi 26 septembre 2011

Ce que gagnent les pharmaciens en Europe

Les négociations sur le nouveau mode de rémunération des pharmaciens ont commencé. Les syndicats entendent trouver un système mêlant marge et honoraire afin d’enrayer la dégradation des revenus subie par les officinaux français. Une occasion de s’intéresser à la situation des confrères européens. Comment sont-ils rémunérés et combien gagnent-ils ? « le Quotidien » a enquêté. Tour d’horizon.

LA DIVERSITÉ des modes de rémunération des pharmaciens dans les pays européens rend difficile une comparaison stricte de leurs revenus. Certains pharmaciens sont rémunérés principalement à la marge, comme en France. D’autres, comme au Royaume-Uni, bénéficient de contrats avec le système de santé de leur pays. D’autres encore, comme aux Pays-Bas ou, plus récemment, en Belgique, bénéficient d’honoraires de dispensation. En outre, la variabilité des normes comptables et de la fiscalité propres à chaque État complique encore l’exercice. Les données ci-dessous ne sont donc que des moyennes, qui ne rendent pas compte de la totalité des cas de figure des officines dans les pays présentés et doivent donc être maniées avec précaution. Cependant, quelques tendances fortes peuvent être dégagées des informations recueillies.

n Allemagne

En Allemagne, le chiffre d’affaires (CA) moyen d’une officine en 2010 atteint 1,25 million d’euros, et plus des deux tiers des pharmacies ont réalisé un CA compris entre 1 et 2 millions d’euros, d’après la Bundesvereinigung Deutscher Apothekerverbände (ABDA), l’union fédérale des associations allemandes de pharmaciens. La rémunération du pharmacien provient à la fois de la marge sur la vente de médicaments sans ordonnance, dont les prix sont libres, de la marge sur les médicaments de prescription, fixée à 3 %, et d’un honoraire de dispensation de 8,10 euros par boîte dispensée. Sur cet honoraire, une somme fixée à 2,05 euros pour 2011 et 2012 doit être reversée à l’assurance santé, ce qui donne un honoraire net de 6,05 euros par boîte. Les propriétaires de pharmacies ont des revenus très variables en fonction de l’officine, qui peuvent aller de 3 à 15 % du CA, ce qui révèle donc des disparités très importantes. En moyenne, on peut estimer entre 70 000 et 80 000 euros les revenus nets avant impôt des pharmaciens allemands en 2010. Ce chiffre est en baisse depuis quelques années, suite aux politiques d’économie sur le médicament. Quant aux salariés des officines, leur salaire mensuel peut varier de 2 985 euros bruts pour un débutant jusqu’à 3 745 euros bruts pour un pharmacien expérimenté.

n Autriche

En Autriche, le CA d’une officine située dans la médiane s’élevait à 2,3 millions d’euros en 2008, selon l’Österreichische Apothekerkammer, l’Association des pharmaciens d’Autriche. Autrement dit, il existe autant d’officines ayant un CA supérieur à ce montant que d’officines ayant un CA inférieur. Environ un tiers des officines ont réalisé un CA inférieur à 1,8 million d’euros en 2008, un tiers un CA compris entre 1,8 et 2,7 millions d’euros, et le tiers restant a dépassé 2,7 millions d’euros de CA. La rémunération des officines est réalisée grâce la marge sur les médicaments, fixée par les pouvoirs publics. La marge varie de 11,1 % sur les produits chers, à 35,5 % pour les médicaments bon marché. Elle peut être plus basse si l’officine vend des médicaments à des hôpitaux ou des institutions publiques (entre 3,8 et 27 %). En 2009, d’après l’institut de statistiques officiel Statistik Austria, les propriétaires de pharmacies autrichiennes ont gagné en moyenne 61 965 euros avant impôt. Les salariés perçoivent quant à eux entre 2 364 euros bruts par mois sur 14 mois pour un débutant et 4 551 euros par mois sur 14 mois pour un pharmacien très expérimenté (plus de 35 ans d’expérience). À ce salaire, s’ajoute une « allocation compensatoire » de 975 euros par mois, sur 14 mois. Ces salaires peuvent paraître très attractifs, mais il faut souligner que les taxes sont très élevées en Autriche (en moyenne 40 %).

n Belgique

En Belgique, le CA moyen des officines a dépassé pour la première fois 1 million d’euros en 2008 et a atteint 1,05 million d’euros en 2010, selon l’Association pharmaceutique belge (APB). Jusqu’en 2010, la rémunération des pharmaciens était liée à une marge dégressive lissée à quatre tranches. Une réforme, effective depuis le 1er avril 2010, a introduit un nouveau système de rémunération : une marge à 2 tranches représentant 20 % de la rémunération est complétée par un honoraire fixe de 3,94 euros par conditionnement délivré, qui compte pour 75 % de la rémunération. Enfin, les 5 % restants correspondent à des honoraires spécifiques pour des « soins pharmaceutiques » : accompagnement du patient lors de la délivrance de cinq classes de médicaments ; exécution d’une prescription sous dénomination commune internationale (DCI) (les pharmaciens belges n’ont pas le droit de substitution), dispensation de préparation magistrale, de traitement de substitution aux opiacés, etc. En 2010, la rémunération brute du propriétaire d’une pharmacie s’élevait en moyenne à 220 913 euros. En déduisant les frais de personnel, le coût des achats, les ristournes aux clients, ainsi que les frais de fonctionnement et d’amortissement, le bénéfice avant impôt pourrait être estimé à plus de 80 000 euros en 2010, pour une pharmacie moyenne. Les pharmaciens adjoints gagnent quant à eux autour de 2 500 euros bruts à leurs débuts et plus de 3 000 euros bruts au bout de 10 ans d’expérience. À noter que le capital des pharmacies belges est ouvert aux non-pharmaciens, et que les chaînes sont autorisées (Lloyd par exemple). Un pharmacien gérant dans une chaîne débute avec un salaire d’environ 2 773 euros par mois, qui peut atteindre 3 372 euros par mois après dix ans d’expérience.

n Danemark

Au Danemark, les officines sont plus grosses que dans la plupart des autres pays européens et elles emploient en moyenne une quinzaine de salariés. Les chaînes sont également présentes au Danemark, mais les non-pharmaciens ne sont pas autorisés à détenir une officine. Du fait de leur taille, le CA brut moyen des pharmacies au Danemark est élevé : 38 millions de couronnes danoises, soit environ 5,1 millions d’euros en 2010, selon la Danmarks Apotekerforening, l’association des pharmacies danoises. En moyenne, le bénéfice dégagé par une officine (comprenant le salaire du pharmacien et le rendement du capital) a atteint environ 1 million de couronnes, soit environ 135 000 euros en 2009 et 2010. Par ailleurs, un pharmacien adjoint débute avec un salaire d’environ 3 300 euros bruts par mois (24 841 couronnes danoises) au premier échelon. L’échelon 8, le plus élevé, correspond à un salaire d’environ 3 800 euros mensuels (28 430 couronnes danoises).

n Finlande

En Finlande, les officines sont également de taille importante et comptent en moyenne onze personnes, propriétaire compris. La rémunération est actuellement basée sur la marge (environ 24 %), même si la rémunération de nouveaux services est à l’étude. En 2010, le CA moyen des officines finlandaises s’élevait à 3,3 millions d’euros, selon la Suomen Apteekkariliitto, l’association des pharmacies finlandaises. À noter que, en fonction de leur chiffre d’affaires, les pharmacies finlandaises doivent reverser une taxe à l’État, comprise entre 0 et 11 % de leur CA. Les pharmacies les plus petites ne paient pas cette taxe. Les chaînes de pharmacie existent aussi en Finlande, la plus importante étant Yliopiston Apteekki. Il existe deux catégories de pharmaciens dans le pays : les « proviisori » et les « farmaseutti ». Les proviisori sont docteurs en pharmacie (5 ans d’études) et peuvent être responsables d’équipes ou propriétaires de pharmacie. Leur salaire est en moyenne de 3 850 euros bruts par mois pour un débutant, à 4 400 euros après une dizaine d’années d’expérience. Les farmaseuttisont licenciés en pharmacie(3 ans d’études). Ils peuvent également délivrer des médicaments, mais pas être responsables d’équipes. Ils gagnent entre 2 500 et 3 000 euros par mois selon l’expérience.

n Grèce

D’après le président de l’association pharmaceutique grecque, Theodoros Ampatzoglou, les pharmacies grecques seraient « les plus pauvres de l’Union européenne ». Il indique que le CA annuel moyen des officines en Grèce est d’environ 250 000 à 300 000 euros. Les pharmaciens sont rémunérés grâce à une marge sur les médicaments, fixée officiellement à 22 % (hors rabais) et 12 % pour les médicaments coûteux. Le bénéfice du pharmacien (hors frais et taxes) s’élèverait à environ 9 à 10 % du CA, soit entre 22 500 et 30 000 euros par an. Les pharmaciens salariés sont payés 1 300 euros par mois pour un débutant, 1 500 euros après 10 ans d’expérience et 2 025 euros par mois après 35 ans de pratique. À ces salaires minimums de base s’ajoutent des indemnités en fonction du nombre d’enfant, du statut marital, du nombre de langues maîtrisées, des responsabilités exercées, etc.

n Italie

En Italie, les pharmaciens sont rémunérés par une marge, dégressive selon le prix de vente : plus le prix augmente, plus la marge diminue, passant d’environ 24,7 % à 9,5 % pour les médicaments chers. La rémunération est cependant variable selon la localisation, urbaine ou rurale, de la pharmacie. Les pharmacies rurales bénéficient d’une marge qui ne varie pas, fixée à environ 28,85 %. De plus, les pharmaciens touchent une prime pour la délivrance de génériques. Le chiffre d’affaires moyen en 2010 a atteint 1,46 million d’euros, d’après la Federazione nazionale unitaria dei titolari di farmacia italiani (FEDERFARMA), la fédération nationale des titulaires de pharmacie italiens. Selon elle, le revenu net avant impôt (ou EBIT*) d’un titulaire tourne autour de 7 à 9 % du CA, en fonction du nombre d’employés et de la gestion de l’officine, soit entre 102 200 et 131 400 euros annuels. Quant aux adjoints, leur salaire minimum est compris entre 1 782 euros par mois sur 14 mois pour un débutant et 2 135 euros par mois pour le plus haut niveau de la convention collective.

n Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la pharmacie est rémunérée principalement par un honoraire de dispensation et obtient un remboursement du prix des médicaments qu’elle achète. En 2010, l’honoraire s’élevait en moyenne à 7,91 euros, variable selon le type de dispensation. D’après la Foundation for pharmaceutical statistics (SFK), le total des remboursements et des honoraires de dispensations par officine a atteint en moyenne 668 527 euros en 2010. Ce qui, après déduction des frais de personnels, des frais financiers, coûts informatiques et autres frais, permettait au propriétaire d’une pharmacie de toucher un salaire annuel moyen d’environ 80 000 euros. Au Pays-Bas, les chaînes de pharmacie (Lloyds, Brocacef, Alliance Healthcare) représentent environ un tiers du nombre total d’officine. Le chiffre d’affaires d’une officine moyenne a atteint 2,4 millions d’euros en 2009, selon la SFK. D’après le KNMP, l’association professionnelle des pharmaciens néerlandais, les pharmaciens gérants d’une officine reçoivent un salaire compris entre 42 000 euros par an pour un débutant et 68 400 euros par an après 10 ans d’expérience, soit entre 3 500 et 5 700 euros par mois. Par ailleurs, les pharmaciens assistants gagnent entre 32 783 et 53 400 euros annuels selon l’expérience, soit entre 2 732 et 4 450 euros par mois.

n Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, 95 % de la rémunération des officines provient d’un contrat passé avec le National health service (NHS), le système de santé public du pays. 4 % proviennent des ventes de médicaments non prescrits et 2 % de contrats particuliers ou prestations privées. En 2009, plus de 60 % des pharmacies étaient détenues par des chaînes (Boots, Tesco, Lloyds, etc.).

D’après un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, le budget alloué en 2010-2011 aux pharmacies britannique s’élève à 2,340 milliards de livres, soit 2,7 milliards d’euros. Il se décompose en une marge sur les achats, des honoraires et des allocations. Les pharmacies touchent ainsi un forfait de 0,90 livre (environ 1 euro) par ordonnance dispensée, des forfaits pour la dispensation de certains produits et des allocations pour le renouvellement des prescriptions ou si elles traitent plus de 2 200 ordonnances par mois. Ainsi, les ressources d’une officine dépendent de son activité et non de l’économie du médicament.

D’après la Royal pharmaceutical society, les salaires des pharmaciens s’échelonnent de 23 000 à 34 500 euros annuels en début de carrière, soit entre 1 900 et 2 875 euros par mois. Ils peuvent atteindre jusqu’à 69 000 euros annuels après 10 ans d’expérience, soit 5 750 euros par mois.

n Suède

La rémunération des pharmacies en Suède repose uniquement sur la marge, fixée par les pouvoirs publics pour les médicaments de prescriptions, et libre pour l’OTC et la parapharmacie. Les médicaments de prescription représentent environ 80 % du CA des officines, l’OTC et la parapharmacie couvrant les 20 % restants. En 2010, les pharmacies suédoises ont réalisé un CA total de 33 milliards de couronnes suédoises, soit environ 3,5 milliards d’euros, d’après la Sveriges Apoteksförening, l’association des pharmacies suédoises. Ramené aux 1 122 pharmacies suédoises, on obtient un CA moyen de 3,1 millions d’euros par officine en 2010.

Jusqu’en 2009, toutes les pharmacies faisaient partie d’une chaîne détenue par un monopole d’État appelé Apoteket AB. Depuis la fin du monopole d’État, en 2009, il existe vingt sortes de pharmacies différentes en Suède, dont onze chaînes (Doc Morris, Boots, etc.). Les pharmaciens suédois peuvent avoir deux degrés de formation, comme en Finlande. Le Master pharmacist a un diplôme universitaire obtenu en cinq ans et son salaire est compris entre 2 870 euros et 3 250 euros par mois en moyenne. Et le Bachelor pharmacist a un diplôme universitaire obtenu en trois ans et touche entre 2 060 euros et 2 270 euros par mois.

› ANNE-GAËLLE MOULUN

*EBIT (earnings before interest and taxes) : il correspond au chiffre d’affaires net duquel sont déduites les charges d’exploitation (telles que salaires, cotisations sociales, matières, énergie, etc.). Il se distingue du bénéfice net par le fait que les charges et produits financiers (intérêts actifs et passifs, produits et charges de titres), ainsi que les impôts sur le bénéfice, ne sont pas pris en compte. Il correspond au résultat d’exploitation dans la norme comptable française.

Le Quotidien du Pharmacien du : 26/09/2011

mardi 13 septembre 2011

Prescrire moins pour gagner plus

Prescrire moins pour gagner plus

Un député UMP de l’Hérault, Jacques Domergue, suggère de récompenser les médecins dont les consultations ne débouchent pas sur une prescription. Selon lui, un dialogue plus approfondi dans le cadre d’une consultation plus longue avec les patients permettrait de réduire de façon significative le nombre et le coût des prescriptions. La proposition du député, lui-même professeur de médecine et chirurgien à Montpellier, tombe, tout comme celle de son collègue Yves Bur, au lendemain du rapport de la Cour des comptes prônant notamment une refonte de la politique du médicament et une meilleure maîtrise des prescriptions.

lundi 5 septembre 2011

Nouveaux services à l’officine

Nouveaux services à l’officine

Ce que vous pourrez bientôt proposer

Les discussions avec le ministère de la Santé sur l’évolution de la rémunération doivent reprendre dans les prochains jours. Il devrait également être question des nouvelles missions prises en charge par l’assurance-maladie et détaillées dans le récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). « Le Quotidien » fait le point sur les nouveaux services rémunérés que pourraient proposer les pharmacies.

DANS SON RAPPORT remis fin juin à Xavier Bertrand, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) propose une série de mesures destinée à améliorer la rémunération des pharmaciens (« le Quotidien » du 4 juillet). Dans ce cadre, les auteurs dressent la liste des nouveaux services que pourraient réaliser les officinaux en matière de prévention, de dépistage et d’accompagnement des patients, dans la droite ligne de l’article 38 de la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST).

• Le dépistage de maladies

Parmi les nouveaux services que pourraient offrir les officinaux, l’IGAS mise sur le dépistage de certaines pathologies. Mais avant d’autoriser cette pratique, elle propose de conduire des études notamment pour connaître la fiabilité des tests utilisés et apprécier si « le dépistage en officine permet effectivement de repérer des malades à un coût qui ne soit pas prohibitif ». Quoi qu’il en soit, les inspecteurs estiment que le dépistage devrait être réalisé par un pharmacien dans un local de confidentialité et leur réalisation inscrit dans le dossier pharmaceutique afin d’éviter la multiplication des tests pour un même patient. Au final, ils recommandent de déterminer les pathologies qui pourraient être dépistées en officine et de définir des protocoles de dépistage. D’ores et déjà, ils soumettent l’idée de permettre aux pharmaciens de réaliser le test de dépistage rapide des angines streptococciques, avec l’objectif de réduire les prescriptions inutiles d’antibiotiques.

• La vaccination des adultes

Plus audacieux, l’IGAS préconise l’implication des pharmaciens dans la vaccination des adultes. Au-delà du suivi vaccinal des patients, elle propose carrément que les pharmaciens puissent injecter les doses sur prescription médicale, comme c’est déjà le cas pour les infirmières. Sous réserve toutefois de la réalisation d’une étude préalable et d’une formation spécifique. Les officinaux pourraient également réaliser cet acte de leur propre initiative dans le cas des rappels de vaccins pour les adultes, suggère le rapport.

• L’accompagnement des patients

L’IGAS envisage également que les officinaux puissent réaliser des entretiens d’accompagnement pour les patients chroniques. « Ces entretiens seraient l’occasion d’expliquer les prescriptions, de promouvoir l’observance, d’informer sur les pathologies traitées, de détailler le fonctionnement des dispositifs médicaux et de motiver le patient pour qu’il adopte des comportements hygiéno-diététiques adaptés », précisent les auteurs du rapport. Mais là encore, ces derniers les conditionnent à une prescription médicale préalable. « En effet, s’ils sont réalisés à l’initiative du pharmacien, des conflits sont à craindre avec le corps médical (réalisation d’entretiens non souhaités par le médecin, divergences des messages transmis…) », expliquent-ils.

• Le bilan de médication

Toujours sur prescription du médecin, la mission préconise la mise en Å“uvre par les pharmaciens de bilan de médication. La raison ? « Les prescriptions ne sont pas optimales en France, observent les inspecteurs. Elles sont parfois trop longues, ce qui est source de problèmes d’iatrogénie. »« Le pharmacien, parce qu’il apporte un autre regard sur la prescription et parce qu’il dispose d’une compétence spécifique en matière de médicaments, pourrait contribuer à optimiser la prescription », ajoutent-ils. En pratique, ces bilans consisteraient en un entretien avec un patient au cours duquel le pharmacien ferait le point avec lui sur les médicaments qui lui sont prescrits. En s’appuyant notamment sur les données recueillies au cours de cet entretien, le pharmacien procéderait à une analyse des prescriptions à l’issue de laquelle il adresse au médecin un avis par lequel il peut lui conseiller d’adapter la prescription. « Le médecin reste bien évidemment le décideur pour ce qui concerne la stratégie thérapeutique », insiste les inspecteurs.

• La PDA et la dispensation à domicile

Autres services que les pharmaciens pourraient proposés, selon l’IGAS : la préparation des doses à administrer (PDA) pour tous les patients (et pas seulement ceux des maisons de retraite), et la dispensation des médicaments à domicile. « La dispensation à domicile n’est pas une nouvelle mission des pharmaciens, le code de la santé publique l’ayant autorisée de longue date, précise le rapport. D’après l’enquête des ARS, la dispensation à domicile est déjà pratiquée par 57,6 % des officines. » Mais ce service devrait être amené à se développer encore davantage avec l’augmentation du maintien à domicile du fait du vieillissement de la population. Pour l’IGAS, il semble donc « pertinent d’ouvrir aux médecins la possibilité de prescrire cette prestation, possibilité dont certains pourraient se saisir s’ils sont sensibilisés à son intérêt pour favoriser le maintien à domicile, limiter le risque iatrogène et améliorer l’observance des traitements ».

• Le pharmacien correspondant

En ce qui concerne le pharmacien correspondant, l’IGAS qui juge, d’une part, « lourde » la procédure nécessaire à sa mise en Å“uvre, doute, d’autre part, de son développement compte tenu de l’hostilité du corps médical à son égard (« le Quotidien » du 11 juillet). À la place, les inspecteurs proposent une démarche alternative, le renouvellement de certains traitements après bilan pharmaceutique et sur prescription médicale.

Enfin, le rapport mentionne le rôle que pourraient jouer les pharmaciens dans l’éducation thérapeutique du patient, les soins de premiers recours et, pourquoi pas, dans la télémédecine. « Dans les zones rurales en très forte sous-densité médicale où le patient est amené à se déplacer de dix, voire vingt kilomètres, pour consulter un praticien, la mise en place d’un système de téléconsultation en officine pourrait faciliter l’accès aux soins en limitant les déplacements des médecins et des patients », estiment les inspecteurs.

CHRISTOPHE MICAS
Le Quotidien du Pharmacien du : 05/09/2011

mardi 12 juillet 2011

Revue Stratégique 2011 : analyse des investissements promotionnels de l’industrie pharmaceutique au niveau mondial

Revue Stratégique 2011 : analyse des investissements promotionnels de l’industrie pharmaceutique au niveau mondial. Les chiffres de l’investissement promotionnel mondial de l’industrie pharmaceutique pour l’année 2010 sont publiés par Cegedim Strategic Data. L’étude comptabilise les investissements promotionnels dans plus de 30 pays : forces de vente, échantillons, réunions et congrès, essais cliniques, publicité grand public, publicité internet, presse spécialisée et autres média. 200 000 professionnels de santé (médecins généralistes, spécialistes, pharmaciens et autres) reportent leur exposition à l’activité promotionnelle de l’industrie.

Les dépenses mondiales en matière de forces de vente et autres média promotionnels ont augmenté de 1,5% en 2010 pour atteindre un peu plus de 91 milliards de dollars à taux de change constant par rapport à 2009. Les croissances en Chine, en Amérique latine et au Japon ont été contrebalancées par les baisses aux Etats-Unis, premier marché pharmaceutique mondial et dans les principaux pays européens.

Les dépenses en matière de réunions et congrès ont augmenté d’un peu plus de 5% au niveau mondial pour atteindre 13 milliards de dollars, ce qui représente plus de 14% de l’ensemble des investissements promotionnels.

Les principales augmentations sont à noter au Japon (+14%), en Chine (+19%) et en Amérique latine (+18%). En revanche, les investissements ont baissé de 17% aux Etats-Unis et de 7% en Europe.

Dans les pays émergents, l’industrie a rapidement eu recours aux réunions et congrès comme un moyen efficace d’interagir avec un maximum de professionnels de santé. Ce média est une valeur ajoutée à la visite médicale, alors que les laboratoires sont confrontés à la nécessité d’une croissance rapide et à des demandes de formation.

En 2010, les dépenses en matière de forces de vente ont augmenté de 2,2% dans le monde pour atteindre 56,1 milliards de dollars et représentaient 61% de l’ensemble des média suivis. Les diminutions des forces de vente aux Etats-Unis ont été plus importantes, plusieurs des principaux laboratoires ayant réduit leurs effectifs de plus de 10%.

Le nombre de visiteurs médicaux a également chuté en Europe. A l’opposé, en Chine, en Amérique latine et au Japon, les principaux laboratoires ont augmenté leurs forces de vente de plus de 10%. Une large tendance à la rationalisation dans les principaux pays occidentaux : 9 des 10 principaux laboratoires américains et européens ont réduit leurs forces de vente. Parmi les marchés matures, le Japon fait figure d’exception, avec des investissements en augmentation malgré des ventes stables.

Avec l’expiration des brevets, le nombre limité de produits en développement et la consolidation de l’industrie, les forces de vente et la promotion dans les pays occidentaux matures risquent de baisser dans les prochaines années.

L’avenir est clairement tourné ver l’Asie et l’Amérique latine.

Les dépenses promotionnelles des dix principaux laboratoires mondiaux, bien que stables en 2010, représentaient plus de 41% de l’ensemble des investissements promotionnels, au même niveau qu’en 2009.

Trois des dix principaux laboratoires sont américains, alors que cinq sont européens. Deux multinationales japonaises viennent compléter le top 10 pour 2010. Par Guy Macy d’après un rapport de Cegedim Strategic Data et une analyse Stratégique Pharmactua

Le 11 juillet

lundi 27 juin 2011

Traitement de choc pour le médicament


Dans la foulée des Assises du médicament, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a dévoilé les grandes lignes de sa future réforme. Principaux objectifs : éviter un nouveau Mediator et restaurer la confiance des patients.

« EN FRANCE, nous consommons trop de médicaments et il y en a trop sur le marché », a déclaré Xavier Bertrand lors de la présentation de sa réforme du médicament.Il arappelé qu’actuellement« 19 000 autorisations de mise sur le marché (AMM) sont recensées et 12 000 médicaments commercialisés ».

Décidé à lancer un grand ménage dans cette offre pléthorique, le ministre s’est appuyé sur les différents rapports commandés suite à l’affaire du Mediator : rapports de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), synthèse des Assises du médicament, rapport Debré-Even, mais aussi travaux de la mission parlementaire sur le Mediator et la pharmacovigilance. Le rapport de la mission du Sénat sur Mediator est quant à lui attendu d’ici la fin du mois de juin. Les mesures retenues par Xavier Bertrand s’articulent autour de trois axes : transparence et lutte contre les conflits d’intérêt, principe de précaution au bénéfice du patient et meilleure information des patients, ainsi que meilleure formation des professionnels de santé.

TRANSPARENCE ET LUTTE CONTRE LES CONFLITS D’INTÉRÊTS

Le premier pilier de sa réforme a ainsi pour objectifs « la lutte contre les conflits d’intérêt et la transparence des décisions ». Les mesures prévues sont :

• La mise en place d’un formulaire unique de déclaration publique d’intérêts (DPI), qui devra être rempli aussi bien par les experts, externes ou internes, que par les associations de patients.

• La création d’une cellule de déontologie dans chaque institution pour gérer et contrôler les DPI des acteurs qu’elle sollicite.

• La création d’une base de données publique pour consulter l’ensemble des DPI.

• L’interdiction à toute personne qui se trouve en conflit d’intérêt de participer à une réunion d’experts, sous peine de frapper de nullité les avis ou décisions pris lors de cette réunion.

• La mise en place d’un « Sunshine Act » à la française, pour tous les acteurs du monde de la santé avec la publication de toutes les conventions et rétributions passées entre les laboratoires et les médecins, les experts, la presse spécialisée, les sociétés savantes ou les associations de patients. Chaque industriel devra publier sur son site internet, en annexe de ses comptes, l’intégralité de ces informations. En cas de non-respect de cette obligation, des sanctions seront appliquées, notamment l’impossibilité de siéger dans les commissions des agences sanitaires.

• Le renforcement de la collégialité des travaux et l’intégration de représentants d’associations de patients dans les commissions.

• L’extension de la démarche déjà engagée par l’Afssaps, de diffusion publique des débats des commissions des agences sanitaires.

• La réduction du nombre de membres au sein des commissions statuant sur le médicament, « pour éviter une dilution des responsabilités », et un renouvellement régulier de leurs membres, tous les 4 ou 5 ans.

• Un renforcement de l’expertise interne, notamment de l’Afssaps, en engageant des experts plus nombreux, mieux rémunérés et bénéficiant d’une valorisation de leur expérience pour le reste de leur carrière.

RENFORCEMENT DE LA SURVEILLANCE DU MÉDICAMENT

Le deuxième axe de la réforme vise à surveiller de près le médicament, afin que « le doute bénéficie systématiquement au patient, dès l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et tout au long de la vie du médicament ». Cela passe par :

• La prise en compte de la valeur ajoutée thérapeutique dans la réflexion sur l’octroi d’AMM, grâce à la réalisation d’essais cliniques contre un médicament de référence, lorsqu’il existe.

• Un durcissement des règles pour la prise en charge des traitements : pour être remboursé, un médicament devra prouver qu’il est « au moins aussi bon » que ce qui est déjà sur le marché et remboursable.

• La fin du remboursement des médicaments à service médical rendu insuffisant (SMRI), sauf avis motivé du ministre.

• Un encadrement des prescriptions hors AMM, avec inscription de cette mention sur l’ordonnance.

• Un suivi du médicament tout au long de sa vie, en favorisant la notification des effets indésirables et un retour systématique sur les suites des signalements. Un dispositif de médiation sera mis en place pour permettre un recours en cas de non-traitement d’une demande ou d’un dossier.

• Une inscription sur chaque boîte de médicament d’un numéro vert et du site internet de l’Agence nationale de sécurité du médicament, ex-AFSSAPS (voir encadré) pour faciliter la notification par les patients, possible depuis peu.

• L’apposition d’un pictogramme sur les médicaments sous surveillance particulière, ainsi que la publication régulièrement remise à jour de leur liste par l’Agence.

• Une réévaluation du rapport bénéficie/risque des médicaments les plus anciens et, à terme de l’ensemble de la pharmacopée.

• La création d’une commission bénéfice/risque à l’Agence, rassemblant des représentants de la pharmacovigilance et de l’AMM.

• Des sanctions, pouvant aller jusqu’à une suspension de l’AMM, pour les industriels ne respectant pas les délais pour les études qui leur sont demandées.

• L’obligation pour les laboratoires qui retirent un médicament dans un pays pour des raisons commerciales, de le signaler à tous les pays.

• Une évaluation des données cliniques relatives aux dispositifs médicaux, l’encadrement de leur publicité et l’amélioration de la matériovigilance.

REFONTE DE LA VISITE MÉDICALE

Enfin, le troisième volet de la réforme porte sur la formation et l’information. Il comprend :

• La création d’un portail du médicament, destiné au grand public et aux professionnels de santé, et comprenant les informations de l’AFSSAPS, de la HAS et de l’assurance-maladie.

• Le renforcement de la connaissance du médicament et de la pharmacovigilance dans les formations initiale et continue des professionnels de santé.

• L’interdiction du financement des activités des étudiants par les laboratoires.

• Le financement de la formation continue des libéraux et des hospitaliers par un prélèvement provenant de l’industrie pharmaceutique.

• Une refonte complète de la visite médicale (VM), avec interdiction de la VM dans un cadre individuel à l’hôpital. Les visites collectives seront expérimentées dans les établissements hospitaliers, avant une possible extension à la médecine de ville.

Enfin, Xavier Bertrand souhaite revoir le pilotage de la politique du médicament, par la création d’un« comité stratégique de la politique de santé et de la sécurité sanitaire », présidé par le ministre lui-même. Il présentera son projet de loi en conseil des ministres avant la trêve estivale et au parlement à l’automne. À l’issue du vote de ce texte, il souhaite une évaluation dans deux à trois ans du nouveau dispositif du médicament.

ANNE-GAËLLE MOULUN

Le Quotidien du Pharmacien du : 27/06/2011

mardi 21 juin 2011

Astra Zeneca confronté à la perte précipitée du brevet en Europe de son médicament vedette l’antiulcéreux Inexium: un enjeu de 1,2 milliards de dollars

confronté à la perte précipitée du en Europe de son médicament vedette l’. La perte précipitée du en Europe de l’/ pourrait fortement affectée les prévisions de profitabilité du groupe pharmaceutique britannique sur 2011 et 2012. L’agence chargée d’entériner la validité des brevets des médicaments en Europe, European Patent Office a invalidé le de l’ , (esoméprazol) commercialisé aussi sous le nom de aux Etats-Unis et dans certains pays Européens.

L’agence Européenne a jugé que l’énantiomère de l’oméprazol ne constitué pas une invention suite au challenge juridique du par Teva Pharmaceuticals et près de 12 autres fabricants de génériques.

L’ / a généré près de 5 milliards de dollars de ventes mondiales dont 1,2 milliards en Europe. Le d’/ devait expirer en 2014 et les génériques pourraient être sur le marché en 2011.

Cette décision de l’agence Européenne pourrait aussi créer une jurisprudence pour le maintient du aux Etats-Unis. Par Guy Macy d’après the European Patent Office et une analyse Stratégique et juridique Pharmactua

mardi 14 juin 2011

Revue Stratègique 2011: Les dépenses publicitaires des médicaments sur internet autorisées aux Etats-Unis devraient passer de 1 milliard en 2010 à 1,86 milliards de dollars en 2015 : Une dynamique liée aux expirations de brevet de médicaments vedettes

Les des médicaments sur autorisées aux Etats-Unis devraient passer de 1 milliard en 2010 à 1,86 milliards de dollars en 2015 : Une dynamique liée aux expirations de brevet de médicaments vedettes. Les dépenses publicitaires pour les sur ont représenté 4 % des tous secteurs confondus sur pour un total de 25 milliards de dollars en 2010. Les des médicaments sur devraient connaitre une croissance de 13 % sur 2011 pour atteindre 1,17 milliards de dollars.

La croissance des de l’industrie pharmaceutique sur devrait être proche de celle de l’industrie automobile qui devrait connaitre une croissance de 14 % en 2011 derrière celle des biens de consommation dont la progression devrait atteindre 29 % pour un montant de 2,7 milliards de dollars.

L’utilisation de la vidéo sur se révèle être une alternative moins couteuse que la publicité télévisée, surtout pour des médicaments dont la marque est connue des patients mais dont le brevet a expiré.

La , Food and Drug Administration qui permet selon des ligues directrices la publicité des directement auprès des consommateurs contrairement aux pratiques en vigueur en Europe va prochainement émettre des pour encadrer la promotion des médicaments sur, notamment sur les deux premières années après la mise sur le marché des nouveaux médicaments aux Etats Unis.

Par Guy Macy d’après un rapport du US Dept of Health and Human Services, de eMarketer, Marketing, Medical & Media et une analyse Stratégique Pharmactua

mercredi 18 mai 2011

Sanofi sur les rangs pour le rachat d’une partie des activités de médicaments sans ordonnance de GlaxoSmithKline

CEO de Sanofi


Sanofi sur les rangs pour le rachat d’une partie des activités de médicaments sans ordonnance de Selon , CEO de Sanofi, le premier groupe pharmaceutique Français pourrait se révéler intéressé par le rachat d’une partie de l’activité et cosmétique du groupe pharmaceutique. Les produits faisant l’objet de la vente ont représenté un chiffre d’affaires approchant 800 millions de dollars principalement réalisés en Europe et Aux Etats-Unis. a chargé Goldman Sachs pour procéder à la vente qui pourrait atteindre un montant de 1,5 milliards à 2 milliards de dollars. Dans les produits à vendre le traitement de l’obésité Alli, une version faiblement dosée de Xenical du groupe pharmaceutique Roche lancé en Europe en 2009 et aux Etats-Unis en 2007. connait bien le portefeuille de produits de pour avoir dirigé les opérations de aux Etats-Unis jusqu’en 2008. Par Guy Macy d’après The Reuters Health Summit et une analyse Pharmactua


mardi 17 mai 2011

Le Marché des compléments alimentaires en France : en baisse de 5 % en 2010 à 960 millions d’euro

Le Marché des compléments alimentaires en France : en baisse de 5 % en 2010 à 960 millions d’euro Les effets de la crise se font ressentir pour la troisième année consécutive Publier le message sur le marché des compléments alimentaires. Avec un chiffre d’affaires de 960 millions d’euro,en baisse de 5% sur un an, le marché retrouve son niveau de 2005-2006. Il faut cependant noter que le marché se situe structurellement à + 75 % par rapport à 2003, mais qu’il reste très sensible aux variations du niveau général de l’activité économique et du pouvoir d’achat des consommateurs.

En terme de circuits de distribution, la GMS et les ventes par Internet se sont révélés les plus dynamiques en 2010, tandis que parapharmacie et vente par correspondance ont davantage souffert. Le marché aurait probablement été moins affecté enpharmacie si l’offre de compléments alimentaires devant le comptoir n’avait pas été réduite au profit d’autres produits de santé ou de cosmétiques. A noter que le segment de la minceur constitue le principal facteur de baisse du marché en pharmacie et en parapharmacie alors qu’il s’est stabilisé en GMS.

A noter aussi les bonnes performances des segments bien-être, digestion et circulation en GMS. Le marché des compléments alimentaires implique une grande réactivité de la part desdistributeurs et des fabricants. Ce qui est vrai une année ne l’est pas forcément la suivante : après plusieurs années de baisse, le segment « ménopause » s’est stabilisé alors qu’après une année exceptionnelle en 2009, le segment « défense immunitaire » est revenu à un niveau normal.

La spécificité du marché des compléments alimentaires doit conduire le distributeur à disposer d’une gamme suffisamment large de produits pour pouvoir anticiper les tendances de consommation et réagir en temps réel pour profiter des tendances.